RE-VRAC Belgium : où en est le vrac en Belgique, et surtout… quels sont les freins concrets ?
RE-VRAC Belgium est le premier baromètre belge dédié au vrac et au réemploi d’emballages. Il a été réalisé en collaboration / partenariat entre ConsomAction et Fost Plus.
L’ambition du baromètre est de proposer une photographie structurée du secteur et de suivre son évolution : pratiques, réalités opérationnelles, points de friction et conditions nécessaires pour accélérer l’adoption du vrac et du réemploi.
Une lecture “terrain” des obstacles, côté clients et côté commerces
Plutôt que de rester au niveau des intentions, RE-VRAC met en avant des freins très concrets rencontrés au quotidien. Les synthèses et communications associées convergent sur des blocages récurrents, que l’on peut regrouper en deux volets : l’expérience côté consommateur et les contraintes de mise en œuvre côté commerce.
Freins côté consommateurs
Les obstacles cités reviennent régulièrement dans les retours analysés :
Manque d’habitude : le vrac n’est pas encore un automatisme pour une partie du public.
Perception de complexité : tare, pesée, étiquetage, compréhension du parcours… certains y voient une contrainte supplémentaire par rapport au pré-emballé.
Questions d’hygiène : une préoccupation explicitement mentionnée comme barrière à l’achat.
Avantage “pratique” du pré-emballé : la rapidité et les habitudes d’achat restent des facteurs favorables aux produits emballés.
Dans les enseignements mis en avant, l’adoption par les consommateurs ressort comme un sujet central : l’évolution des usages demande à la fois de la pédagogie, des repères clairs et un parcours suffisamment simple pour convertir l’intention en achat.
Freins côté commerçants
Côté exploitation, les difficultés remontées sont majoritairement opérationnelles :
Contraintes logistiques et d’infrastructure : organisation des flux, manutention, stockage, intégration dans les routines magasin, etc.
Complexité réglementaire : exigences et interprétations autour de l’hygiène, de l’information produit et de la traçabilité.
Coûts d’investissement : frein mentionné pour déployer, équiper ou étendre une offre.
Ces éléments montrent que le passage à l’échelle ne dépend pas uniquement de la motivation : il repose aussi sur des process (hygiène/traçabilité), une logistique adaptée, et une expérience d’achat qui reste fluide malgré les exigences.
Point d’attention : le retour des contenants réutilisables
Un point très concret ressort dans la synthèse : lorsque des contenants réutilisables sont proposés sans consigne, les taux de non-retour peuvent devenir très élevés (la synthèse évoque 75% de non-retour dans ce cas) — ce qui fragilise le modèle, car l’emballage réutilisable est un actif qu’il faut récupérer et faire tourner.
Le baromètre met ainsi en évidence que la performance du réemploi dépend fortement des mécanismes de retour (incitations, consigne, organisation), au-delà de la simple disponibilité des contenants.
Liens / sources
RE-VRAC Belgium / Baromètre Réemploi (Fost Plus) https://www.fostplus.be/fr/barometre-reemploi?
ConsomAction dédiée à RE-VRAC Belgium (présentation) https://www.consomaction.be/blog/etudes-8/re-vrac-belgium-le-premier-barometre-belge-de-la-filiere-vrac-et-reemploi-154